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Venezuela, un pays en crise profonde

Venezuela, un pays en crise profonde

Hé oui, la tendre République bolivarienne du Venezuela (Venezuela pour les intimes) est actuellement plongée dans une crise tant économique que politique, dont les tenants et aboutissants restent un mystère pour les Occidentaux lambda. Un manquement dû essentiellement au peu d'informations relatées par les médias à ce sujet. Ce pays, dont l'économie tourne principalement grâce aux énergies fossiles, est en voie de développement. En 2013, il était d’ailleurs considéré comme la cinquième puissance latino-américaine en termes de PIB (avec un PIB estimé à 367,5 milliards de dollars) selon la Banque Mondiale.

Tout d’abord, la crise économique a commencé lorsque le prix du baril de pétrole a baissé, celui-ci ayant auparavant toujours été suffisamment élevé.
Les différents gouvernements et les classes dominantes s'étant continuellement réparti la rente pétrolière, l’argent n'a pas été réinvesti dans la diversification de l'économie. Toutes les prévisions économiques au Venezuela avaient toujours été faites avec un baril de pétrole à 130 $ minimum alors qu'actuellement le prix du baril tourne autour des 50 $. Les revenus entrant dans le pays sont donc trois fois plus faibles que ce qui avait été annoncé, ce qui n’est pas sans causer de sérieux soucis.

En outre, les vénézuéliens ne peuvent que très difficilement échanger leur monnaie locale en monnaie étrangère. Ceci implique que les importations se raréfient, et ce dans le cadre d’une politique protectionniste menée par le président Maduro. Les denrées de première nécessité vénézuéliennes, limitées, s'épuisent donc très rapidement à l'intérieur du pays et les prix ne cessent d’augmenter. Il y a de longues files dans les supermarchés, et il faut régulièrement se déplacer d'un magasin à un autre pour trouver de la nourriture. A cause de cette pénurie, des réseaux de revendeurs de denrées se sont constitués parallèlement au marché. Ils sont les premiers à acheter les aliments pour ensuite les revendre de manière informelle à des prix exorbitants.

Ensuite, le pays vit une crise politique, parallèle à la crise économique en cours. Comme son prédécesseur Chavez, Maduro est le chef d'un gouvernement plutôt populiste et clientéliste. Auparavant soutenu par de bons revenus pétroliers, la chute progressive du prix du pétrole (concomitante à la prise de pouvoir de Maduro), a empêché de telles politiques de perdurer. Cela a entrainé une réelle crise de légitimité du pouvoir en place. Les populations les plus pauvres, qui percevaient Chavez comme un sauveur sortant le pays de la misère, manifestent et s'opposent aux gouvernement de Maduro.

Pour destituer Maduro de ses fonctions, l’opposition veut tenir un référendum, ce qui est autorisé par la Constitution si 180.000 signatures sont recueillies. Bien que ce nombre de signatures ait été dépassé, le gouvernement Maduro essaie aujourd’hui encore de contourner la loi en remettant en question les signatures récoltées. En effet, bon nombre de signatures appartiendraient à des personnes décédées et seraient donc frauduleuses. Même la signature de Henrique Capriles, président de l'opposition, bien vivant pourtant, est contestée.

Si un référendum a bien lieu avant le 7 janvier 2017, de nouvelles élections devront avoir lieu. Toutefois, si le référendum n'est pas mis en place avant cette date, l’unique conséquence sera la prise de pouvoir par le vice- président. Ce dernier scénario exclut donc toute élection. Au vu de l’enjeu pour le gouvernement actuel et de sa crainte de perdre le pouvoir, on comprend aisément les méthodes dilatoires de celui-ci, l’issue du vote populaire étant incertaine.

To be continued...

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