Kot Citoyen

Panda Diplomacy

Le craquant et adorable Baby P. a enfin été baptisé : Tian Bao ! Le petit « Trésor du ciel » est déjà un grand diplomate. En effet, cette boule de poils et ses parents, pandas géants, ne sont pas en Belgique uniquement pour amuser les visiteurs de Pairi Daiza...

En février 2014, la Belgique accueillait dans une grande effervescence deux pandas géants. Ils ont été prêtés par la Chine pour une durée de quinze ans en échange d'une redevance versée par le parc animalier1.

Notons que le bébé Tian Bao reviendra en Chine lorsqu’il aura trois ans. Ce cadeau – qu’il est inconcevable de refuser - est un acte diplomatique important pour Pékin : les pandas géants représentent ce que les Chinois ont de plus précieux. Haohao et Xinghui témoignent donc de la forte amitié qui lie la Chine et la Belgique. A l’inverse, lorsque la République populaire de Chine (RPC) refuse de prêter ses pandas, cela illustre des tensions diplomatiques tendues. Par exemple, les États-Unis ont perdu deux bébés pandas après une rencontre entre Obama et le Dalaï-lama. Ou encore, la RPC, qui comptait beaucoup de ressortissants dans le Boeing malaisien disparu lors du vol MH370, a retardé le prêt de deux pandas à la Malaisie. Cette décision semblait destinée à sanctionner les autorités malaisiennes jugées incompétentes dans les recherches de l’épave de l’avion de Malaysian airlines.

Cette « diplomatie panda » n’est pas nouvelle. Déjà sous la dynastie des Tang (618- 907), les pandas étaient employés pour sceller des accords de paix. A la hauteur de la relation qu’ils représentent, les pandas sont traités tels des présidents : ils sont ultra-surveillés, leur bien- être est observé à la loupe et le décès d'un de ces mammifères pourrait entraîner des rapports diplomatiques difficiles avec la République populaire de Chine...

La formule des pandas est jolie mais elle correspond surtout à une réalité plus complexe : la politique extérieure chinoise. En effet, ces cadeaux ne sont pas anodins et correspondent à une stratégie d’intérêts et d’influences. La Belgique représente un intérêt stratégique pour la Chine puisque nous sommes au centre de l’Europe et notre capitale est le siège des institutions européennes. Les relations sino-européennes sont loin d’être faciles : les secteurs de la sidérurgie, du vin, ou encore des panneaux solaires ont fait l’objet de discordes influençant les relations commerciales. Pékin a besoin de retrouver la confiance de Bruxelles et mise donc sur l’image du panda : un animal connu, aimé, mais également un symbole dans la lutte pour l’écologie et la défense des animaux. Notons par ailleurs que ce prêt de pandas à la Belgique a une durée limitée : dans quinze ans, la Chine réévaluera si notre pays mérite de continuer ce prêt ou non...

Les pandas : un cadeau bien mignon mais une arme secrète de la diplomatie chinoise ? La question est posée. Devant ces gros nounours noirs et blancs, soyons critiques, soyons citoyens !

1 Pairi Daiza reste discret sur la somme mais elle s'élèverait à 800 000 euros par an (RTBF)

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