Kot Citoyen

Le business de l'Industrie Pharmaceutique

Le business morbide et nauséeux de l'industrie pharmaceutique

 

Manque d’énergie, sentiment de lourdeur, céphalées le lundi matin ? Vous voilà atteint du trouble dysphorique du lundi matin (TDLM). Ne vous inquiétez pas, dans leur mansuétude, les entreprises pharmaceutiques ont élaboré une molécule qui guérit le TDLM. C’est ce qu’on appelle le façonnage de maladie, c’est-à-dire rassembler des symptômes anodins, les gonfler puis prétendre avoir découvert une nouvelle maladie et évidemment proposer un traitement idoine. Les risques de ce type de maladie se révèlent minimes mais les bénéfices à la clef sont d’un autre ordre.

Le syndrome métabolique ou maladie de la bedaine exemplifie mieux le but des industries pharmaceutiques. Il s’agit aussi d’une maladie façonnée mais aux conséquences plus tragiques. Un des signes de cette maladie est une glycémie supérieure à 1.01g par litre de sang, sachant que la norme fixée est à 1g. Autant dire qu’il suffit de boire une bière spéciale ou un coca avant la prise de sang pour remplir la condition. l’Acomplia, molécule miracle, est validée par l’European Medicines Agency (EMA). La molécule sera finalement retirée du marché pour cause de troubles psychiatriques sévères (suicide, dépression, agressivité sexuelle). Dans le rôle de Circé ? Sanofi.

 

Un autre Eldorado pour les entreprises pharmaceutiques se cache derrière les seuils. Le seuil diabétique fut d’abord fixé à 1,4g de sucre par litre de sang. Ce qui représentait 11.7 millions de diabétique aux États-Unis. En 1997, un comité de l’OMS abaisse ce seuil à 1,26g/l, faisant ainsi passer le nombre de diabétiques à 13.4 millions. Un autre exemple ? Le seuil de cholestérol fut, lui aussi, abaissé, soit 42.6 millions de patients supplémentaires rien qu’aux Etats-Unis.

Marcia Angell, professeure à Harvard et ancienne éditrice du New England Journal of Medicine résume bien la situation : « Il existe deux types de personnes, ceux qui sont malades et ceux qui ne le savent pas encore ». Les entreprises pharmaceutiques convainquent une large partie de la population qu’elle peut être malade et ainsi le marché s’agrandit.

 

A côté de cela, l’industrie pharmaceutique reste rétive à développer des médicaments pour des maladies rares dont les bénéfices ne sont pas garantis, question de rendements d’échelle. Quand malgré tout un traitement est découvert il est bien souvent non remboursé par la sécurité sociale. C’est le cas du déficit en alpha-1 antitrypsine, une maladie génétique avec un traitement ad vitam, couteux (120.000€/année) et non remboursé.

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